La nature et la chasse à Kayes

25/07/2020

Sur la photo le chef de l'association des chasseurs : Haruna Bathily, il nous parle du passé, des animaux qu'ils chassaient : antilopes, hyènes, loups, lions, etc. Nous somme dans son village Sogoné (Mali, cercle de Kayes).  Il a préféré construire sa vie ici, près des siens et de la nature après une brève expérience d'immigration en France.

Il nous explique que l'étendue de la forêt étaient plus vaste celle que nous voyons et que la disparition de la flore entraîne la disparition des gros gibiers "qui n'aiment pas les sols vides" (sols vides = plaines). La chasse était plus importante et permettait de nourrir la famille en protéine sans élevage ou achat de viande.

Plusieurs associations villageoises, telle que l'association des chasseurs, agissent pour la préservation de l'écosystème.
Pour cela ils travaillent en collaboration avec la brigade des forêts qui est une organisation institutionnelle.
Haruna Batchily nous explique que l'entente n'a pas été facile avec ces derniers qui ignoraient la dépendance des villageois au forêts. "Au début ils viennent avec des lois impossibles à respecter ici, avant de comprendre que nous aussi on préserve la forêt avec des mesures adaptées chez nous..." Cela s'explique par le fait que les gardes forestiers, comme la plupart des fonctionnaires au Mali, sont des citadins formés en ville puis dispatchés sur le territoire (organisation institutionnelle encore très centralisée). De ce fait il ne sont pas forcément au fait des réalités rurales.
En effet, même si les villageois exercent une forte pression sur la flore, ils respectent des règles de préservation comme : - un zonage de la forêt en partie à exploiter, zone pour l'habitat des animaux et reserve foncière pour la croissance démographique,🌴🐅👨‍👩‍👦‍👦
- la limitation des zones habitables qui ne peuvent s'agrandir que s'il n'est pas possible de requalifier (l'usage du sol) des domaines déjà déboisés.🌺🌴
- la définition des zones constructibles ou pas, en fonction du passage des cours d'eaux (même asséché car " l'eau emprunte tôt ou tard son itinéraire ").💦💦💦
- ... Le paysan connaît son environnement mieux que quiconque...😌😜😌

En 2015 et 2016 j'ai participé à un diagnostic territorial partagée pour les 15 villages de Kéméné Tambo (commune rurale malienne). C'est à dire des enquêtes participatifs où les habitants sont acteurs du diagnostic comme d'autres acteurs du territoire.

Et voici l'une des analyses pour sur la pression exercée sur la flore :
" La forêt est également un espace à enjeux :
-Le bois est surexploité : par les habitants (utilisation du bois comme combustible) et par des commerçants (pour le revendre comme charbon en ville.