Le mariage traditionnel en Afrique de l'Ouest

11/09/2019

Mariage traditionnel 3 cérémonies.

La première cérémonie, première étape :

Elle a lieu chez les parents de la jeune fille qui reçoivent les convives. Les tantes préparent la mariée et procèdent au lavage des mains et des pieds en chantant des chants de mariage.
C'est le début de la première étape qui dure au minimum une semaine.
Symbole de pureté, la jeune mariée, appelée "magno" (Soninké), "kognon" (Bambara) et "Diombadjo" (Peul), est vêtue de blanc.
Elle est apprêtée le plus simplement possible (pas de maquillage ni de bijoux) et elle est coiffée de 4 grosses nattes collées.
Avant de se rendre chez son mari, ses tantes maternelles l'accompagnent auprès des anciens, de son père entouré de ses oncles afin qu'ils lui fassent des "dou^as" (bénédictions).
Après cela le cortège du marié est autorisé à l'emmener chez son mari.
Certaines de ses amies l'accompagneront aussi en chantant.
Durant cette première étape appelée "rurupé" chez les Soninkés, la jeune mariée reste confinée dans sa chambre nuptiale sans sortir pour préserver son teint du soleil. Toute la journée les jeunes filles de sa famille, ses amies et les jeunes filles parentes de son mari lui tiennent compagnie.
La tenue se compose de 3 pièces de pagne blanc, une attachée à la taille, l'autre à la poitrine et la dernière est posée sur la tête. Celui sur la tête peut être de couleur indigo ou chocolat. On lui attache deux cordes du coup vers chaque sein. Ces cordes seront coupées à la fin de cette période. 

Deuxième cérémonie, deuxième étape :

La jeune mariée ayant été préservée des regards, du travail et du soleil est prête à être présentée à sa belle-famille et leurs convives. Cette cérémonie est la seconde, appelé "baké" (la sortie) en Soninké. Elle marque la fin de la première étape.
Dans la région de Kayes, on emmène la jeune mariée prendre un bain avec ses amies au bord du fleuve. Ses amies l'accompagnent et chantent pour elle.
C'est ce jour-là que l'on va contempler le résultat de tous les soins prodigués (régime alimentaire). Afin de faire ressortir sa beauté, son teint et ses bijoux, la mariée porte le pagne traditionnel indigo qui peut avoir plusieurs variantes (bleu- marron, bleu foncé- bleu clair, bleu-violet, etc.) et des pompons rouges vermeilles. Du hénné noir est posé sur ses mains et ses pieds.
Une fois que la mariée est prête, on tire un coup de feu pour annoncer le début des festivités. Une femme de sa belle-famille , qui n'a pas été veuve et divorcée, tambourine une callebasse pour porter chance au ménage de la jeune mariée.
Son initiation à la vie de jeune mariée est terminée, elle pourra desormais porter tous les vêtements de son trousseau de mariage et défiler.
Elle se changera au minimum 3 fois dans la journée.

Pendant encore quelques semaines après la seconde cérémonie, la jeune mariée sort en compagnie de ses amies ou de son mari pour aller saluer les parents et amis des uns et des autres.
Elle cachera son visage par un pagne tissé coloré (djoré) pour traverser la ville.  

Troisième et dernière cérémonie pour une jeune mariée :


4 à 7 mois après son mariage, sa famille et sa belle famille organisent une fête pour "sa prise de louche", c'est à dire qu'elle va participer aux activités domestiques de sa belle- famille élargie. Avant cela aucune tâche domestique ne lui est confiée hormis celles la concernant directement avec son mari.
Pour marquer cette étape de sa vie de femme mariée, on lui confie la tâche de cuisiner pour toute la concession (maison collective d'une famille par patronyme), bien sur elle est aidée par ses belles-soeurs et sa belle-mère.
À cette occasion une grande fête est organisée et un banquet est aussi prévu pour les autres convives.

Afin de signifier son statut privilégié de jeune mariée, elle portera durant un an environ un bracelet de perles noires et blanches sur chaque cheville et un collier au ras du coup avec comme pendentif un anneau en or entouré de perle et/ou de coquillage.