les saisons des cultures

11/11/2019

L'agriculture vivrière étant l'activité principale dans les zones rurales, tout ce qui est consommé est cultivé. Pour assurer la consommation de tous, tout le monde travaille, exceptées les personnes âgées, et les cultures sont divisées par groupe (femmes/ hommes, famille par famille). 

La saison des pluies (👂: raro, écrit : xaxo) est aussi celle des plantations.

Les premières pluies arrivent vers juillet et continuent jusqu'à septembre. Cela rend le travail de la terre plus facile car elle perd de sa sécheresse. Tout le monde participe au travail de la terre :

La culture d'arachide est confiée aux femmes, qui sèment dès le début des pluies après avoir préparé la parcelle (désherbage, aération du sol, etc.). Elles en profite pour planter à côté : des oignons et de l'hibiscus, qui feront de l'hombre aux plans d'arachides.

Cette étape est réalisée une seconde fois pour combler les espaces où rien n'a poussé.

Il faut environ 4 mois pour que les arachides poussent. C'est plus ou moins long selon les variétés.

De ce fait, d'octobre à décembre les femmes ramassent les arachides. La feuille d'arachide sert également, consommé comme une sorte d'épinard pour le couscous (avant même le ramassage les plantes sont taillées régulièrement pour récupérer quelques branches.)

Les plantes déracinées avec les arachides sont rassemblées par petites couronnes et séchées durant 2-3 semaines. On appelle ça "djougale" en Soninké. C'est la saison du froid, il ne pleut plus mais les températures montent jusque 35°.

Une fois sèches, les couronnes d'arachides sont regroupées en forme de ballot. C'est le "sounchou" : ballot de récolte sèche.

Au préalable, l'espace à ciel ouvert qui accueille ces ballots est nettoyé et saupoudré de cendres pour éviter que les rongeurs et les rampants mangent la culture. Pour éviter les vols (d'oiseaux ou d'humains), le ballot de culture est couvert de ronces.

L'étape suivante consiste à battre les moissons. Pour cela, on appelle tous les amis et voisins disponibles pour le battage des ballots de culture. Les ronces sont retirées, une personne monte sur le tas et envoie des quantités de ballots à la foule de volontaires qui les tape. Le but est de séparer les coques d'arachides de leurs racines, de leurs branches et de la terre. Ce tri peut prendre un à deux jours de travail.

A cette occasion, un repas est organisé pour remercier tous les participants.

Enfin la dernière étape c'est le "woyindé", c'est-à- dire l'étape qui consiste à séparer les coques d'arachides des poussières et des branches restantes grâce à l'aide du vent.

Les femmes transvasent d'une calebasse à l'autre les arachides battues. Les coques tombent dans la calebasse posée au sol car elles sont lourdes, tandis que le vent envoie les résidus dans un sens. Ces dernier sont récupérés pour nourrir les animaux, grâce à une bâche disposée au sol.

 Un autre tri est effectué avec le même système pour détacher les branches de la poudre d'arachide : le mèrxé (le x se prononce comme le j de roja en espagnol, et le r comme le r du même mot). Ce dernier est réservé pour l'alimentation des moutons. Il sera mélangé avec un peu d'eau pour devenir une mixture plus digeste.